Vous ne confinerez pas notre colère !

vendredi 3 avril 2020
par  Sud Education Lorraine

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Le 31 mars devait être une journée de mobilisation de grande ampleur contre la réforme des retraites. La crise sanitaire avec le COVID-19 a mis en suspens cette réforme, comme d’autres (assurance chômage, privatisation d’ADP...). Mais la mobilisation qui a débuté depuis le 5 décembre reprendra de toute façon. Et elle est d’autant plus nécessaire avec tout ce que cette crise révèle aux yeux d’une grande partie de la population :

- > les dégâts faits aux services publics depuis des années, notamment dans le secteur de la santé ;

- > l’importance de notre système de protection sociale, sans lequel la crise actuelle et celle qui s’annonce seraient d’autant plus dramatique ;

- > l’incurie du gouvernement et des précédents qui ont massivement investi dans la "sécurité" et dans la surveillance généralisée pour réprimer les mouvements sociaux, supprimé des recettes fiscales, réduit les dépenses publiques et détricoté les biens communs qui protègent la population ; et maintenant que la crise est là, son incapacité à faire autre chose que de communiquer, réagissant à chaque fois avec un temps de retard, les salarié·es ne pouvant compter que sur eux-mêmes pour faire tourner comme il peuvent les secteurs essentiels, pour se protéger dans les secteurs non-essentiels où on les pousse à poursuivre l’activité, et la solidarité générale qui s’organise sur le terrain.

- > l’importance des travailleurs et des travailleuses : avec le confinement, sont rendu·es visibles celles et ceux qui d’ordinaire produisent les richesses et font tourner le pays ;

- > la place des femmes dans notre société, elles qui aujourd’hui, dans de nombreux secteurs, sont majoritairement en première ligne : dans les hôpitaux, dans les Ehpad, dans le secteur du nettoyage, dans commerce... (Voir ici...) Et pour beaucoup d’autres, le confinement en tant que femme est d’autant plus difficile à vivre (Voir ici...la FAQ consacrée à cette question).

- > ce sont toujours les mêmes qui trinquent : jusqu’à 1500€ d’amende pour celles et ceux qui ne respectent pas le confinement, et en même temps les préfectures qui rechignent à réquisitionner et mettre à disposition des locaux et des biens de première nécessité pour les personnes en extrême précarité.

- > plus globalement, la faillite d’un système capitaliste, qui même en temps de crise s’apprête à verser des dividendes record aux actionnaires, pendant que les hôpitaux appellent aux dons et que pour les salarié·es s’annonce un sacrifice inédit de leurs droits, sous couvert d’état d’urgence sanitaire.

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- > et enfin, ceux pour qui travaille ce gouvernement : pendant que le corps médical appelle à cor et à cri à ce que toute la population reste confinée, le gouvernement et en particulier la ministre du travail qui fait tout pour que des entreprises reprennent leur activité, même dans des secteurs non essentiels à la gestion de la crise ; préserver les profits à tout prix...

Pour SUD éducation, l’urgence sanitaire ne doit pas faire taire nos revendications contre les réformes régressives mises en œuvre par le gouvernement, et pour le progrès social. Il n’est pas d’"Union nationale” qui tienne : il y a d’un côté les intérêts des capitalistes, que nous combattons, et de l’autre ceux des salarié·es, que nous défendons.

> Voir ici... les revendications générales de SUD Éducation.

> Voir ici... la rubrique d’analyse de l’Union Syndicale Solidaires sur la période.

> Voir ici... la dernière analyse de Solidaires 54, et ici... celle de Solidaires 57.

> Voir ici... la tribune "Pour combattre le Covid-19, il faut des mesures radicales et un choc de solidarité !"


Le 7 avril, journée mondiale de lutte pour le droit à la santé :

  • Parce qu’au delà des applaudissements tous les soirs à 20h, il s’agit que les soignant·es aient demain tous les moyens humains, matériels et financiers pour exercer leurs missions pour notre intérêt général ;
  • Parce que l’hôpital, le système de santé et de protection sociale, comme tous les services publics, ne sont pas des coûts mais des biens communs nécessaires.

SUD Éducation Lorraine appelle à se joindre à cette mobilisation internationale en manifestant depuis chez nous, sur les réseaux sociaux, à nos balcons et fenêtres en placardant affiches, banderoles et pancartes


Dans les EHPAD :

Manque de moyens de protection et de dépistage, accès insuffisant à l’hospitalisation, conditions de confinement et isolement, soins insuffisants par manque de personnel... Les salarié·es et résident·es des Ehpad, faisant pourtant partie de la population la plus fragile, vivent une situation dramatique.

SUD Éducation Lorraine s’associe à la démarche de la section de Nancy du Syndicat des Avocats de France, visant à contraindre les pouvoirs publics à prendre les mesures nécessaires.

Aussi, nous relayons son appel à témoignages de la part de soignant·es, résident·es, familles. N’hésitez pas à contacter le SAF-Nancy par mail (saf.nancy.corona@gmail.com) ou au 09.61.68.27.49.


Dans l’éducation :

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La continuité pédagogique :

Martelée par le ministre, elle n’aura d’autres effets que d’épuiser enseignant·es, parents et élèves, creusant un peu plus des inégalités dont souffre déjà notre système éducatif. Depuis le début du confinement, SUD Éducation appelle les collègues à refuser d’avancer dans les programmes scolaires et se concentrer plutôt à maintenir un lien pédagogique avec les élèves, leur proposer des activités de remise à niveau ou d’approfondissement et les inviter à s’arrêter pour réfléchir, se questionner sur le monde et la période. Encore une fois, Blanquer fait l’unanimité contre lui, la principale fédération de parents d’élèves s’étant exprimée (Voir ici...). Même constat dans l’enseignement supérieur où, par exemple à l’Université de Lorraine, l’intersyndicale dénonce l’illusion de normalité derrière la "continuité pédagogique" prônée par le ministre (Voir ici...).

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Le télétravail :

L’ensemble des collègues mesurent aujourd’hui que le télétravail, c’est le travail sans limite (Lire ici...). SUD Éducation appelle les collègues débordé·es ou en difficulté avec les outils numériques à ne pas hésiter à saisir le RSST dématérialisé disponible sur portail académique "Partage" pour laisser des traces de toute situation constituant un risque psycho-social (Voir ici...). Les directeurs et directrices d’écoles font notamment face à une surcharge de travail et à des injonctions inacceptables (Voir ici...). Les déclarations du ministre sur les dispositifs prévus pendant les vacances sont tout aussi inacceptables (Voir ici...). La totalité des organisations syndicales ainsi que la FCPE l’ont d’ailleurs dénoncé ensemble (Voir ici...).

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Le numérique :

Dans notre secteur, ce que la situation démontre aussi, s’il en était encore besoin, c’est que les outils numériques ne feront jamais office de lien pédagogique avec nos élèves. Pourtant Blanquer ne manque pas de se saisir de la situation pour présenter le tout numérique comme une "opportunité", qui est bien évidemment une opportunité pour les multinationales du secteur (Lire ici...). A rebours des déclarations du Ministre, ce que chacun·e de nous a pu constater, c’est que les outils numériques fonctionnent mal et ne sont pas sécurisés (en particulier les classes virtuelles - Voir ici...), poussant de nombreux·ses collègues à utiliser des outils non libres peu scrupuleux des données privées (comme Discord, Whatsapp, Zoom...), ou à saturer les serveurs des plateformes associatives comme Framasoft (Lire ici...).

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Le tri social toujours en marche :

La "continuité pédagogique" c’est aussi la machine à tri social qui ne connaît pas d’arrêt. Les conseils de classes se déroulent sur tout le territoire, y compris sous des formes non réglementaires (sans délégué·es élèves et parents) et la plateforme Parcoursup qui n’est pas mise en suspens (Voir ici...). Quand aux épreuves communes de contrôle continu (E3C) au lycée, après le fiasco de leur tenue face à une mobilisation d’ampleur des profs, parents et élèves, les résultats confirment toutes nos craintes : élèves insuffisamment préparés qui ont des résultats inférieurs à leur moyenne actuelle, copies rendues sans annotations alors que ces épreuves étaient supposées constituer une évaluation formative. Nous appelons tous·tes les collègues à nous faire savoir les situations problématiques.

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Le gouvernement aux fraises :

Et puis il y a cette sortie honteuse de la porte-parole du gouvernement. Si Blanquer est si satisfait de sa pseudo "continuité pédagogique", qu’il rappelle à sa collègue que, non, les enseignant·es ne sont pas en vacances et font tout ce qu’ils et elles peuvent pour supporter le confinement tout en maintenant un lien avec leurs élèves (Lire ici...), quand ils et elles ne sont pas volontaires pour garder les enfants des soignant·es.

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Une administration sans scrupules :

Et enfin, il y a cette dernière découverte pour les collègues s’étant battus à juste titre pendant plus de 3 mois contre le projet de réforme des retraites, dénoncé par une majorité de la population et qui sera vraisemblablement abandonné : le Rectorat, en pleine crise sanitaire, politique et économique, effectue d’un coup d’importants retraits sur salaires pour fait de grève, appliquant pour certain·es l’arrêt Omont, une disposition quasiment jamais appliquée dans l’Education Nationale et consistant à considérer comme jours de grève des jours sans service. SUD Éducation appelle les collègues à vérifier sur leurs fiches de paye les jours de grève qui ont été retirés. Nous rappelons qu’il existe une quotité saisissable au delà de laquelle on ne peut amputer notre salaire. Nous rappelons également que l’arrêt Omont est tout à fait contestable dans l’éducation nationale dans la mesure où notre temps de travail n’est pas limité à notre temps de service devant élève. Contactez-nous si vous êtes dans cette situation. SUD Éducation a proposé aux autres organisations syndicales une démarche commune pour les collègues injustement prélevés.

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Et maintenant ?

Il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en question la situation de confinement dans laquelle nous sommes. Au contraire, SUD Éducation, avec l’Union Syndicale Solidaires, comme de nombreuses autres organisations syndicales, appelle à l’étendre à l’ensemble des secteurs non indispensables pour gérer l’épidémie de Covid-19 et à réorganiser la production pour produire le matériel nécessaire à la gestion de la crise.

Mais ce confinement, si nous l’acceptons, ne nous fera pas taire. Faisons savoir, de chez nous, nos convictions et notre détermination ! Affichons nos slogans aux fenêtres et préparons-nous à un mouvement social d’ampleur dès la fin de cette période. Nous n’accepterons pas que la vie politique, économique et sociale reprenne ensuite comme avant. Nous accepterons encore moins que le coût de cette crise se fasse au prix d’une austérité faisant payer une seconde fois la grande majorité de la population.

Nous payons la crise sanitaire, nous ne payerons pas leur crise économique.


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Des questions ?

- > SUD Éducation met à disposition des collègues une foire aux questions générale sur la situation due au coronavirus : > voir ici...

- > Une autre foire aux questions concerne plus précisément le télétravail : >voir ici...

- > L’union syndicale Solidaires, consacre une rubrique spécifique à toutes les questions de droit de retrait, droit d’alerte, danger grave et imminent, pour les personnels de la fonction publique et du secteur privé : > C’est ici...

- > Les syndicats membres de Solidaires, se relayent et tiennent une permanence téléphonique 7j/7 de 9h à 19h pour répondre à toutes les questions relatives à leurs conditions de travail et à leurs droits en lien avec l’épidémie de Covid-19, pour les salarié·es du secteur privé comme du public : > Voir ici...

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- > L’union syndicale Solidaires met aussi à disposition une foire aux questions très complète sur les différentes situations que vous pouvez vivre en lien avec votre situation professionnelle et le coronavirus : > C’est ici...

- > Selon le code du travail, l’employeur, donc l’éducation nationale, est responsable de la santé physique et mentale de ses salarié·es, y compris en télétravail et en particulier dans cette situation exceptionnelle. N’hésitez pas à faire appel aux assistant·es de service social de l’académie de Nancy-Metz : > C’est ici...

- > SUD Éducation Lorraine reste disponible par mail à l’adresse sudeduclor@gmail.com

En cas de souci, ne restez pas seul·e. Prenez-soin de vous, de vos proches, de vos voisin·es.

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