En vidéo : La marchandisation de l’éducation en Europe

Une conférence de Nico Hirtt - Nancy 29 janvier 2014
lundi 3 mars 2014
par  Sud Education Lorraine

Nico Hirtt est enseignant et universitaire en Belgique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’école et les systèmes éducatifs européens. Il est le fondateur de l’APED (Appel pour une école démocratique), rédacteur en chef de la revue trimestrielle "L’école démocratique" et contributeur au "Monde diplomatique".

Propos : Dans un contexte de crise et de baisse des dépenses publiques, sous l’influence des milieux économiques et d’un marché du travail de plus en plus polarisé entre très faible et très haut niveau de qualification, Nico Hirtt identifie et explique comment évoluent les systèmes éducatifs européens :
- abandon de l’ambition de démocratisation de l’enseignement et du savoir ;
- creusement des inégalités scolaires : socle commun minimal de compétences de base pour les uns, établissements d’élite et soutien extra-scolaire privé pour les autres ;
- système éducatif perçu comme marché à conquérir et comme secteur en voie de privatisation...

1e partie : 2e partie + questions :

Une fois la vidéo lancée, cliquer en bas à droite pour l’afficher en plein écran.

Cette conférence était suivie d’une journée de formation syndicale :
- télécharger le diaporama...

Plus d’informations sur les travaux de Nico Hirtt :
- visiter le site de l’APED

A consulter également , PISA : France et Belgique, champions de l’inégalité : l’analyse faite par Nico Hirtt des derniers résultats de l’enquête PISA.
- lire ici...


Résumé paru dans le bulletin n°16 SUD Éducation Lorraine- Avril 2014

Aux yeux de ceux qui ne pensent l’éducation qu’en termes budgétaires, former c’est donc en grande partie gaspiller, puisque le marché économique exige quelques travailleurs ultra qualifiés pour une horde de travailleurs non qualifiés. L’OCDE prévoyait déjà cela en 2001, précisant que « tous n’embrasseront pas une carrière dans le dynamique secteur de la « nouvelle économie » – en fait, la plupart ne le feront pas – de sorte que les programmes scolaires ne peuvent être conçus comme si tous devaient aller loin » (OCDE, 2001, p.30). Mais alors, comment doivent-ils être conçus, ces programmes scolaires ?

La solution au problème ? Évincer des programmes toutes ces choses devenues inutiles, maintenant que l’école secondaire n’est plus réservée aux élites. Voilà donc l’école du socle, celle des 8 compétences de base. Savoir « communiquer », quelques « compétences de base en sciences et technologie », un peu de « sensibilité culturelle », beaucoup d’« esprit d’entreprise », un saupoudrage de « compétence numérique », quelques phrases dans une ou deux langues étrangères, et surtout la capacité d’apprendre (un mode d’emploi, un règlement, une procédure de travail...) feront de l’élève un excellent travailleur corvéable à merci. Au passage, l’État se décharge de sa mission d’éducation qu’il pourra progressivement offrir au secteur privé.
Ensuite, pour « améliorer la réactivité » des systèmes éducatifs, la Commission européenne et l’OCDE plaident pour la décentralisation et la mise en concurrence mutuelle des établissements scolaires. Enfin, le Conseil Européen recommande « l’ouverture au monde » des systèmes éducatifs, le monde de l’entreprise, le monde capitaliste.

L’école est donc sommée de se soumettre, et de soumettre ceux qu’elle devait former. Soumettre à l’adaptabilité, à la flexibilité. Se soumettre à la disparition des savoirs au profit de vagues « compétences transversales ». Fini la démocratisation de l’enseignement, bonjour les promesses d’une « employabilité » universelle. Évidement, l’OCDE et l’Union européenne nous présentent ces évolutions comme innovantes et démocratiques.

« La première victime de ces politiques est l’école publique elle-même. L’individualisation du rapport à la formation, la diffusion d’une idéologie entrepreneuriale, les quasi marchés scolaires, la réduction des dépenses publiques d’éducation et les partenariats école-entreprise ouvrent de plus en plus la porte de l’enseignement à sa conquête par le secteur privé. Mais la victime principale, c’est le jeune qui sort de cette école-là. On en aura fait un travailleur adaptable, non en développant sa compréhension du changement, mais en brisant sa capacité de résistance au changement ; non par une émancipation culturelle, mais par une privation de culture. » conclut Nico Hirtt [1].


[11 Nico Hirrt, Eduquer et former sous la dictature du marché du travail


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